Le Poitou

L’ancienne province du Poitou correspond à peu près aux départements suivants : Vienne, Deux-Sèvres et Vendée. On y distingue quatre grandes régions naturelles : Bocage, Gâtine (zone de plaines calcaires et dépourvues de bois), Marais, et enfin zone maritime.

Les habitation du Poitou :

Les maisons poitevines sont généralement basses et bâties tout en longueur, les toits, aux pentes peu accusées, sont le plus souvent couverts de tuiles. Il faut cependant noter que dans les contrées voisines de la Touraine, l’ardoise remplace souvent la tuile. Les dépendances forment très souvent des constructions séparées distinctes de la maison d’habitation. Dans le Bocage et la Gâtine, on voit encore des « bouquets de mariée », sortes de poinçons qui ornent les faîtages. Toutefois, on remarque quelquefois, dans le Marais, de petites maisons construites en « bourre ». C’est un mélange de terre, de roseaux secs et de paille, qu’aucune charpente de bois ne consolide. Ces bâtisses, les « bourrines », sont couverte de roseaux que maintiennent de longues perches de bois posées en long.

L’alimentation dans le Poitou :

Tout ce qui peut paraître sur une table est produit par le sol, par les eaux, par les bois du Poitou. Les bœufs de Parthenay, de Bressuire, les porcs, les moutons, les chapons, les dindes, les pintades sont, renommés. Dans le sud du département des Deux-Sèvres, les oies et les canards sont élevés pour la production du foie gras. On chasse aussi la perdrix, le lièvre, la grive, la caille, l’alouette, le râle, la bécasse, la bécassine, la canepetière. On pêche, dans les rivières ou les étangs, tous les poissons d’eau douce. Le Marais regorge d’anguilles et de grenouilles succulentes, les petits ruisseaux, d’écrevisses.

Le littoral Atlantique

Le littoral de la Vendée fournit d’excellents « fruits de mer ». La part de Noirmoutier dans cette production est considérable. On produit les huîtres blanches et portugaises, moules de rochers. Mais aussi palourdes, sourdons, pétoncles et bigorneaux y abondent. Ainsi que tous les crustacés et les poissons, principalement l’anguille et le congre, les chiens de mer et les raies, le mulet et les poissons plats.

L’île d’Yeu nourrit des palourdes et tous les crustacés, jusqu’à la délicieuse langouste. Il faut signaler les huîtres portugaises de la Tranche et du Groin-du-Cou, et les excellentes moules de bouchots de l’Aiguillon. Les oignons, les artichauts, les petits pois, les choux fleurs de Niort, les choux verts de Vendée, les haricots blancs du Marais flattent les palais les plus difficiles. Par exemple, avec tous les autres arbres fruitiers, on cultive le châtaignier dans le Bocage vendéen. Dans la Vienne, le noyer, qui fournit à la table un dessert agréable et une huile excellente pour la cuisine et l’assaisonnement.

Les traditions du Poitou

Dans les familles, on a conservé la tradition du poulet sauté aux pommes de terre. Mais aussi du confit d’oie, du petit salé aux choux, du « pirot » de chevreau. Sans oublier le pâté en croûte de Pâques (œufs durs, volaille, veau et porc). Et également des escargots au vin, des cuisses de grenouilles en blanquette. En revanche, sur les côtes, de la chaudrée de poissons. Les plats plus spécialement vendéens sont le lièvre à la vendéenne, l’embeurrée de choux pommés… La soupe aux choux verts, les mogettes (haricots) à la crème, la bouilliture d’anguilles.

Les pâtés de foie gras de Civray constituent une spécialité délectable. La contrée produit des fromages de chèvre, dont certains de haut goût : aux Deux-Sèvres appartiennent le fromage de la Mothe-Saint-Héray, onctueux et délicat, et celui de Saint-Loup, près de Thouars. La Vienne a également son célèbre chabichou, qui se mange frais ou « fait », et qui, dans ce dernier état, demande une initiation particulière pour être apprécié.

Les desserts poitevins

Le tourteau fromagé est une friandise locale, qui consiste en une pâte brisée dans laquelle on introduit un petit fromage de chèvre sucré, délayé dans un peu de lait, et cuit à four modéré. La fouace, le pruné, rival du pâté de prune angevin… L’échaudé, les craquelins, et ces autres spécialités qui font venir l’eau à la bouche. Enfin, les macarons et biscuits de Montmorillon, l’angélique et le chocolat à l’angélique de Niort. Puis les berlingolettes de Châtellerault, mélusines et macarons de Lusignan, biscuits de Parthenay. Les dianes et la nougatine de Poitiers, macarons, feuilleté et frangipane de Thouars.

Les boissons du Poitou :

Les grands crus sont inconnus, mais les petits vins de pays méritent qu’on les déguste. Les vins rouges de La Foye-Monjault ont une célébrité régionale plusieurs fois séculaire, les vins blancs du Loudunais (Saint-Léger, Montbrillais, Berrie, Pouançay, Ternay) rappellent un peu les vins secs d’Anjou. Il y a aussi les petits vins de Saint-Georges et de Marigny-Brizay sont appréciés à Poitiers. Dans les Deux-Sèvres, les vins de Thouars, blancs (Bizalais, Ligron, Taizé) ou rouges (Pompais) s’apparentent à ceux de la région voisine de Saumur. En Vendée, on apprécie les vins de Mareuil-sur-Lay. Signalons enfin, la bière de Montmorillon, justement réputée, et la liqueur d’angélique de Niort.